A l'océan.

Face à l'angoisse du temps qui semble passer de plus en plus vite, je veux tout consigner, ne rien oublier, être la gardienne de leurs souvenirs d'enfance, de nos souvenirs de parents, la malle aux trésors de notre vie ensemble. Tout est dans mon coeur, dans ma tête, dans mes pellicules pas développées, dans mes agendas, mes petits carnets semés dans notre appartement. 
Début juin 2017, on pourra dire que nous étions là, face à l'océan déchaîné, que ce week-end là, nous n'avions pas pu mettre un pied dans l'eau tant les vagues étaient fortes. On pourra se souvenir que Thaïs n'était pas là, déjà happée par sa vie d'adolescente, ses premiers week-ends à elle sans nous, que comme nous avions une place de libre dans la voiture et un lit vide dans la maison de vacances, nous avions emmené Blanche, la meilleure copine de Zoé. On se dira qu'il faisait déjà drôlement chaud pour un début de mois de juin, et que c'était même pas encore l'été, que les jours à rallonge nous les exploitions jusqu'à la nuit, que les enfants étaient crevés, que les lundis matins piquaient mais que c'était bientôt les vacances. 
On essayera de se rappeler que Arthur était vachement fort aux échecs, que ce week-end-là j'avais interdit les écrans parce que quand-même la vraie vie, c'est bien mieux les yeux grands ouverts, que j'avais emmené des jeux de société, que chacun avait un peu ricané de mes idées de fille née en 1980 mais que finalement tout le monde y avait joué. 
On se souviendra de la maison des cousins, au milieu de la forêt, de la cabane dans l'arbre, de la tyrolienne où chaque enfant s'est fait mal au moins une fois mais y remonte à chaque fois, des fous rire dans la piscine, de Violette, de Balthazar, tonton Golgot et Louise. 
Nos week-ends, au printemps de ses trois ans et demi, de ses onze ans et de leur adolescence ressemblent à ça, et nous avons pleine conscience d'avoir une chance incroyable.

New York I love you

Il y a de ces villes que l'on imagine enfant, que l'on fantasme ado, que l'on visite pour la première fois adulte, les papillons dans le ventre, le coeur a dix milles, l'appareil photo en bandoulière, les yeux grands ouverts. 
La première fois j'avais 30 ans, mon amoureux avec moi et cette vieille chanson de Téléphone dans la tête. 
J'y suis retournée une fois, et puis La troisième je voulais l'offrir à nos enfants. 

28 février, 7:30, les valises sont prêtes, je réveille les petites, les grands ont déjà leurs sacs sur le dos. Un bus, un train, Paris le RER, Roissy-CDG. On est en avance, l'avion ne décolle que le soir. 

Huit heures de vol, six heures de décalage horaire. On est arrivé de nuit, on a traversé Brooklyn en taxi avec vue sur les lumières de Manhattan.

1er Mars, on se réveille à New York, hey New York bébé! Ados surexcités, une petite fille réveillée depuis 4 heures du matin, premier Flate white, Hot Chocolate pour les enfants, Butter croissante à 3 dollars pour la petite. On descend Metropolitan Avenue, Williamsburg sous le soleil, la brique rouge et ses hipsters, la vie semble au ralenti, simple et sans chichi. 
Les grands veulent voir Manhattan, les buildings, le bling bling. On a pris un Ferry jusqu'au sud de Manhattan, en vrai, on a pris le premier qui venait et on s'est laissé emporter. La journée à découvrir, à se perdre, un subway qui nous emmène dans l'Upper West Side, Central Park, les écureuils, les couleurs de la fin de l'hiver, et puis nous, nous sept ici maintenant.

Les jours se suivent, les jours s'étirent, on se couche de plus en plus tard, on n'en perd pas une miette de cette ville éclectique, de cette énergie, de ces rencontres fortuites, de ces vues imprenables, de ces cafés à tous les coins de rues. 
Dans le désordres, il y a eu les musées, les pizzas de Roberta's, Agathe et Réuben, la dame du pont de Brooklyn, City of the Sun dans le métro station Union Square, Coney Island, les pieds glacés de Zoé, le quartier des juifs orthodoxes (mais pourquoi ont-ils tous peur des chiens?), les rues de Brooklyn, les rencontres à Redhook, les -6°C de nos petits matins, le Vegan market du coin de la rue et son beurre à l'huile de coco à 10 dollars, il y a eu les squares pour enfants qui sont de vrais squares pour enfants, les premiers arbres en fleurs de la Highline et les téléphones portables greffés aux mains de nos adolescents partout où le wifi fonctionne ( donc partout à New York), le gospel de Tabernacle Brooklyn aux allures de show américain, la rencontre avec Hervé Tullet de loin et nos sourires de l'entendre si fier d'exposer à New York, petit français aux yeux d'enfants. Il y a eu tout ça et tous les sentiments, même pas fatigués, à peine jet-lagués.


New york i love you. 


 

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Brooklyn, Williamsburg.